Jardin, arrosage & piscine 18 min de lecture

Souffleur et aspirateur de feuilles : bien choisir et bien l’utiliser

Chaque automne, le même scénario se répète : en quelques jours, les arbres se déshabillent et la pelouse, la terrasse, l’allée et les massifs disparaissent sous un tapis de feuilles mortes. Le râteau fait l’affaire pour un petit jardin, mais dès que les arbres sont nombreux, la corvée devient interminable. C’est là qu’intervient le souffleur de feuilles, et son cousin l’aspirateur souffleur broyeur, capable de ramasser et de réduire les feuilles en paillis. Électrique filaire, sur batterie ou thermique, à main ou à dos, avec ou sans fonction aspiration : l’offre est vaste et les écarts de prix importants. Ce guide explique comment fonctionnent ces machines, lesquelles conviennent à quel jardin, comment bien les utiliser sans gêner les voisins, et surtout que faire des feuilles une fois ramassées.

Pourquoi ramasser les feuilles mortes

Laisser les feuilles sur place n’est pas toujours une mauvaise idée, nous y reviendrons. Mais sur certaines surfaces, les ramasser s’impose.

  • Sur la pelouse : une couche épaisse de feuilles prive le gazon de lumière, retient l’humidité et favorise mousses et maladies. Après un hiver sous les feuilles, on retrouve au printemps des plaques jaunies ou pelées.
  • Sur la terrasse et les allées : mouillées, les feuilles deviennent glissantes. Elles tachent aussi les lames de bois et les dalles en libérant leurs tanins.
  • Dans les gouttières, regards et caniveaux : elles bouchent les évacuations et provoquent débordements et infiltrations.
  • Sur la piscine et le bassin : elles colmatent les skimmers et se décomposent dans l’eau.

En revanche, au pied des haies, sous les arbustes et dans les massifs, une couche de feuilles est un excellent paillis naturel qui protège le sol du froid et nourrit la vie souterraine. Tout l’art consiste donc à déplacer les feuilles des surfaces où elles gênent vers celles où elles sont utiles.

Feuilles mortes dorées éparpillées sur une pelouse verte en automne
Quelques feuilles ne gênent pas le gazon, mais une couche épaisse le prive de lumière pendant tout l’hiver

Souffleur, aspirateur ou les deux : comment ça marche

Trois familles d’appareils coexistent.

Le souffleur projette un jet d’air puissant par une buse. Il pousse les feuilles pour les rassembler en tas, dégage une allée, une terrasse, un escalier ou les recoins inaccessibles au râteau. C’est l’outil le plus rapide pour les grandes surfaces, mais il ne fait que déplacer les feuilles : il faut ensuite les ramasser.

L’aspirateur à feuilles fonctionne à l’inverse : une turbine aspire les feuilles par un tube et les envoie dans un sac de collecte.

L’aspirateur souffleur broyeur, le plus répandu chez les particuliers, combine les deux. Un levier ou un changement de tube fait passer du mode soufflage au mode aspiration. En aspiration, les feuilles traversent une turbine équipée d’une hélice, souvent métallique, qui les broie avant de les envoyer dans le sac. Le volume est réduit dans un rapport de 10 à 16 selon les modèles : dix sacs de feuilles entières deviennent un seul sac de broyat.

Type Usage idéal Points forts Limites
Souffleur seul Grandes surfaces, allées, terrasses Rapide, léger, puissant Ne ramasse pas les feuilles
Aspirateur seul Petites surfaces, finitions Ramasse directement Lent, sac vite plein
Aspirateur souffleur broyeur Jardin de particulier, polyvalence Souffle, ramasse et broie Plus lourd, aspiration moins efficace sur feuilles mouillées

Le souffleur électrique filaire

Branché sur une prise, le souffleur filaire est le plus abordable et le plus léger. Sa puissance moteur se situe généralement entre 2 000 et 3 000 W, avec des vitesses d’air qui dépassent couramment 250 km/h. C’est largement suffisant pour un jardin de particulier.

Ses atouts : un prix bas, souvent entre 40 et 120 €, aucun entretien moteur, un démarrage instantané, un bruit modéré et aucune émission. La plupart des modèles d’entrée et de milieu de gamme sont des aspirateurs souffleurs broyeurs, avec sac de 35 à 50 litres.

Sa contrainte, c’est le câble. Au-delà de 20 à 30 mètres de la prise, il faut une rallonge, qui traîne dans les feuilles, s’accroche aux massifs et limite les déplacements. Utilisez une rallonge de section adaptée à la puissance (au moins 1,5 mm² pour une grande longueur), de type extérieur, et branchez-la sur une prise protégée par un différentiel 30 mA. Le filaire reste le meilleur choix pour un jardin de taille petite à moyenne, jusqu’à environ 500 m², autour de la maison.

Le souffleur sur batterie

Le souffleur sans fil a fait d’énormes progrès. Les modèles récents en 18, 36 ou 40 V et plus rivalisent avec les filaires, voire avec les petits thermiques, tout en offrant une liberté totale de mouvement.

  • Avantages : aucun câble, démarrage immédiat, bruit contenu, aucune émission, entretien quasi nul.
  • Limites : l’autonomie. À pleine puissance, une batterie se vide souvent en 10 à 20 minutes ; en vitesse modérée, elle tient 30 à 45 minutes selon la capacité. Pour un grand jardin, une seconde batterie est presque indispensable.
  • Prix : 80 à 300 € selon la puissance, avec une forte différence selon que la batterie et le chargeur sont fournis ou non.

Si vous possédez déjà des outils de jardin d’une marque sur batterie, choisir un souffleur de la même gamme permet de partager les batteries et de réduire fortement la facture. Le souffleur à batterie est souvent le meilleur compromis pour un jardin moyen, éloigné des prises ou planté de nombreux massifs. Vérifiez que le modèle choisi propose une fonction aspiration si vous voulez ramasser les feuilles : beaucoup de souffleurs à batterie ne font que souffler.

Le souffleur thermique à main ou à dos

Le souffleur thermique, à moteur deux temps ou quatre temps, reste la référence des professionnels et des très grands terrains.

Les modèles à main, de 25 à 30 cm³, conviennent aux terrains de 1 000 à 2 000 m². Les modèles à dos, ou dorsaux, de 50 à 80 cm³, portés comme un sac avec un harnais, déplacent des volumes d’air considérables et permettent de travailler longtemps sans fatigue des bras. Ils s’adressent aux propriétés boisées, aux parcs et aux longues allées.

Leurs inconvénients sont connus : bruit élevé, souvent au-delà de 100 dB en puissance acoustique, vibrations, émissions de gaz d’échappement, entretien du moteur (bougie, filtre à air, carburant), mélange essence-huile pour les deux temps, et poids. Comptez de 120 à 300 € pour un thermique à main et de 250 à 700 € et plus pour un dorsal. Pour un jardin de particulier de taille courante, un thermique est rarement nécessaire.

Jardinier portant un souffleur thermique à dos orange dans un parc arboré
Le souffleur thermique à dos, porté avec un harnais, s’adresse aux grands terrains et aux professionnels

Bien choisir son souffleur : les critères qui comptent

Au-delà du type de motorisation, plusieurs caractéristiques départagent les modèles.

Critère Ce qu’il mesure À retenir
Vitesse d’air (km/h) La force du jet pour décoller les feuilles Utile pour les feuilles collées et mouillées
Débit d’air (m³/h) Le volume d’air déplacé Détermine la largeur balayée et la vitesse de travail
Rapport de broyage La réduction de volume en aspiration 10:1 correct, 16:1 très bon
Capacité du sac Le volume collecté avant vidage 35 à 70 litres, attention au poids une fois plein
Poids Le confort d’utilisation 3 à 5 kg pour un électrique à main
Niveau sonore Le confort pour vous et les voisins Comparer la puissance acoustique en dB(A)
Variateur de vitesse L’adaptation à la surface Indispensable autour des massifs et des graviers

Ne vous fiez pas à un seul chiffre. Une vitesse d’air élevée avec un faible débit donne un jet fin et puissant mais étroit, qui avance lentement. Un débit élevé déplace un grand volume de feuilles d’un coup. L’idéal combine les deux. Vérifiez aussi la qualité de l’hélice de broyage : une hélice métallique résiste mieux aux petits cailloux et aux brindilles qu’une hélice plastique. Une roulette sous le tube d’aspiration soulage les bras sur les grandes surfaces, et une sangle d’épaule répartit le poids de l’appareil et du sac.

L’aspirateur souffleur broyeur en pratique

L’aspirateur broyeur est séduisant sur le papier : un seul outil pour tout faire. En pratique, il donne d’excellents résultats à condition de connaître ses limites.

  • Travaillez sur feuilles sèches. Mouillées, les feuilles collent au sol, s’agglomèrent dans le tube et bourrent la turbine. Attendez un après-midi sec après quelques jours sans pluie.
  • Évitez les gros débris : branches, pommes de pin, cailloux et cônes peuvent bloquer ou endommager l’hélice. Ramassez-les d’abord.
  • Procédez en deux temps : soufflez les feuilles en tas ou en andains, puis aspirez les tas. C’est beaucoup plus rapide que d’aspirer feuille par feuille sur toute la pelouse.
  • Videz le sac avant qu’il soit plein : un sac trop rempli réduit l’aspiration et pèse lourd sur l’épaule.
  • Débranchez toujours l’appareil avant de déboucher le tube ou d’intervenir sur l’hélice.

Pour les gros volumes et les branchages, un aspirateur broyeur ne remplace pas un vrai broyeur de végétaux. Notre guide pour bien choisir son broyeur de végétaux détaille les modèles adaptés aux tailles de haies et aux branches.

Personne aspirant les feuilles mortes d'une pelouse avec un aspirateur broyeur électrique équipé d'un sac de collecte
En mode aspiration, les feuilles sont broyées et réduites de volume avant d’arriver dans le sac

Bien utiliser un souffleur de feuilles

Un souffleur se manie avec méthode, sinon on passe son temps à repousser les mêmes feuilles d’un coin à l’autre.

  1. Repérez le sens du vent et travaillez avec lui, jamais contre.
  2. Définissez une zone de collecte : une bâche posée au sol, un coin de pelouse, le pied d’une haie. Tout le travail consiste à y amener les feuilles.
  3. Commencez par les bords : dégagez les massifs, les pieds de murs et les recoins, en poussant vers le centre.
  4. Avancez en bandes parallèles, buse près du sol, avec un mouvement de balayage latéral régulier, comme avec un balai.
  5. Formez des andains puis des tas, sans chercher à envoyer les feuilles trop loin d’un seul coup.
  6. Ramassez les tas à la bâche, au ramasse-feuilles ou à l’aspirateur.

Adaptez la vitesse : pleine puissance sur la pelouse et les allées, vitesse réduite près des massifs paillés, des graviers et des plates-bandes, pour ne pas disperser le paillis ou projeter des cailloux. Sur une terrasse, soufflez dans le sens des lames pour déloger les feuilles des interstices. Une terrasse en bois débarrassée rapidement de ses feuilles se tache beaucoup moins : notre guide pour nettoyer une terrasse en bois explique comment traiter les taches de tanin laissées par les feuilles oubliées.

Jardinier soufflant des feuilles mortes sur une allée pavée devant un bâtiment en pierre
Buse près du sol et mouvement de balayage régulier : le souffleur rassemble les feuilles en andains

Sécurité et protections

Un souffleur paraît inoffensif, mais il projette à grande vitesse poussières, gravillons, brindilles et débris.

  • Lunettes de protection : indispensables, les projections arrivent souvent au visage.
  • Protection auditive : casque ou bouchons, surtout avec un thermique.
  • Masque anti-poussière par temps sec, les feuilles soulèvent spores, pollens et poussières fines.
  • Chaussures fermées et pantalon long.
  • Distance : ne dirigez jamais le jet vers une personne, un animal, une fenêtre ouverte ou une voiture. Gardez les enfants à l’écart.
  • Électricité : n’utilisez pas un appareil filaire sous la pluie ou sur sol détrempé, et vérifiez l’état du câble avant chaque usage.

Avec un thermique, faites le plein moteur arrêté et refroidi, loin de toute flamme, et ne démarrez jamais l’appareil dans un local fermé.

Bruit et voisinage : ce que dit la réglementation

Le souffleur, surtout thermique, fait partie des outils les plus bruyants du jardin. Son usage relève des règles sur les bruits de voisinage. En France, les horaires autorisés pour les travaux de bricolage et de jardinage bruyants sont fixés par arrêté préfectoral ou municipal. Une plage courante, reprise dans de nombreux départements, est la suivante :

  • les jours ouvrables, de 8 h 30 à 12 h et de 14 h 30 à 19 h 30 ;
  • le samedi, de 9 h à 12 h et de 15 h à 19 h ;
  • le dimanche et les jours fériés, de 10 h à 12 h.

Ces horaires varient d’une commune à l’autre : renseignez-vous en mairie. Au-delà des horaires, un bruit répétitif, intense ou prolongé peut constituer un trouble anormal de voisinage, même en journée. Certaines communes restreignent aussi l’usage des souffleurs thermiques. En pratique, privilégier un modèle électrique ou sur batterie, travailler à vitesse modérée et limiter les séances à l’essentiel suffit à préserver de bonnes relations.

Agent équipé d'un casque anti-bruit soufflant des feuilles mortes sur un trottoir mouillé en automne
Casque anti-bruit et lunettes : les protections ne sont pas réservées aux professionnels

Râteau, ramasse-feuilles ou souffleur : quel outil pour quel jardin

Le souffleur n’est pas toujours la meilleure solution. Selon la taille du jardin et le nombre d’arbres, les outils manuels gardent toute leur place.

Situation Outil recommandé
Petit jardin, un ou deux arbres Râteau à feuilles et pinces ramasse-feuilles
Jardin moyen, terrasse et allées Aspirateur souffleur broyeur électrique ou à batterie
Grand jardin, nombreux arbres Souffleur puissant à batterie ou thermique, plus tondeuse avec bac
Grande propriété boisée Souffleur thermique à dos
Pelouse avec feuilles éparses Tondeuse avec bac de ramassage ou kit mulching

Le râteau à feuilles, large et à dents souples, en plastique ou en métal, reste silencieux, économique et efficace sur une pelouse. Associé à une bâche de ramassage, il traite un petit jardin en moins d’une heure. Le balai à gazon poussé, ou ramasse-feuilles à brosses rotatives, ramasse feuilles et débris sur la pelouse en avançant, comme une tondeuse manuelle.

Et la tondeuse est une alliée sous-estimée : passée hauteur de coupe relevée sur une pelouse couverte de feuilles sèches, elle les broie et les ramasse dans son bac, mélangées à l’herbe. Ce mélange vert et brun est idéal pour le compost. Notre guide pour bien choisir sa tondeuse à gazon présente les modèles avec fonction mulching, qui laissent les feuilles finement broyées sur place.

Grand-père et petite fille ratissant ensemble les feuilles mortes sur une pelouse
Dans un petit jardin, le râteau reste l’outil le plus simple, silencieux et économique

Que faire des feuilles mortes ramassées

Une fois les feuilles rassemblées, plusieurs solutions s’offrent à vous. Toutes valent mieux que la poubelle, et le brûlage est à exclure.

Le brûlage est interdit. Les feuilles mortes font partie des déchets verts, dont le brûlage à l’air libre est interdit en France pour les particuliers, sauf rares dérogations locales. Il est polluant, émet des particules fines et peut être sanctionné par une amende.

Le paillage est la solution la plus simple. Étalez une couche de 5 à 10 cm de feuilles, idéalement broyées, au pied des arbustes, des haies, des rosiers et sur les massifs. Elles protègent le sol du gel, limitent les herbes indésirables et se décomposent en humus au printemps. Les feuilles broyées par un aspirateur broyeur ou une tondeuse se décomposent bien plus vite que les feuilles entières, qui ont tendance à former une couche compacte.

Le compost : les feuilles mortes sont une matière brune, riche en carbone, qui équilibre parfaitement les déchets de cuisine et les tontes, riches en azote. Ajoutez-les par couches dans le composteur. Gardez-en un stock dans un sac ou un bac grillagé pour en ajouter au fil de l’année.

Le terreau de feuilles : stockées seules, humidifiées, dans un enclos grillagé ou des sacs percés, les feuilles se transforment en un an ou deux en un terreau fin et léger, excellent pour les semis et le rempotage.

La déchèterie reste la solution de dernier recours pour les volumes excédentaires. Certaines communes organisent aussi une collecte des déchets verts.

Attention à quelques exceptions : les feuilles de noyer, riches en substances qui freinent la germination, et les feuilles malades (tavelure, oïdium) sont à composter à part ou à évacuer, pas à étaler en paillis au pied des végétaux sensibles. Les feuilles coriaces, comme celles du chêne, du platane ou du laurier, se décomposent lentement : broyez-les.

Tas de feuilles mortes brunes et orangées rassemblé sur une pelouse verte
Rassemblées en tas, les feuilles deviennent une ressource : paillis, compost ou terreau de feuilles

Laisser une part des feuilles : le jardin vivant

Un jardin parfaitement nettoyé à l’automne n’est pas forcément un jardin en bonne santé. Les feuilles mortes abritent de nombreux auxiliaires du jardinier : carabes, coccinelles, araignées, vers de terre. Les hérissons, protégés en France, recherchent les tas de feuilles au pied des haies pour y passer l’hiver.

Quelques bonnes pratiques concilient propreté et biodiversité :

  • ramassez les feuilles sur la pelouse, la terrasse et les allées, mais laissez-les au pied des haies et dans les massifs ;
  • gardez un tas de feuilles et de branchages dans un coin tranquille du jardin, à l’abri ;
  • avant de souffler ou d’aspirer un gros tas de feuilles ancien, vérifiez qu’aucun animal n’y a élu domicile ;
  • évitez l’aspirateur broyeur sur les zones sauvages, où il aspire aussi la petite faune.

Ces zones de feuilles laissées en place limitent aussi le désherbage au printemps, en couvrant le sol. Pour aller plus loin, notre guide du désherbage sans produits chimiques explique comment le paillage remplace avantageusement les herbicides.

Calendrier du ramassage des feuilles

Inutile d’intervenir à chaque feuille tombée, mais attendre la fin de la chute pour tout ramasser n’est pas une bonne idée non plus.

  • Début de la chute (octobre) : un premier passage léger sur la pelouse et les surfaces glissantes. Nettoyez gouttières et regards dès les premières feuilles.
  • Pic de la chute (fin octobre à novembre) : un passage par semaine sur la pelouse, plus souvent sur la terrasse et les accès. C’est aussi le moment de la dernière tonte, qui peut ramasser les feuilles en même temps.
  • Fin de la chute (décembre) : grand ramassage final, paillage des massifs, contrôle des gouttières.
  • Hiver : un passage ponctuel après les coups de vent.

La pelouse ne doit pas rester couverte plus de deux à trois semaines. Si elle est jeune, comme un gazon semé ou posé à l’automne, ramassez les feuilles encore plus régulièrement : notre guide gazon en rouleau ou semis rappelle à quel point un jeune gazon est sensible au manque de lumière.

Gouttières, caniveaux et regards : ne pas oublier les évacuations

Les feuilles que l’on ne voit pas sont souvent celles qui causent le plus de dégâts. Dans les gouttières, elles forment des bouchons qui font déborder l’eau le long des façades. Dans les descentes, elles s’accumulent aux coudes. Au sol, elles colmatent les grilles de caniveaux et les regards d’eaux pluviales, ce qui provoque des flaques, voire des infiltrations sous les portes de garage ou les seuils.

Le souffleur est utile ici : certains modèles proposent des kits rallonges coudés pour nettoyer les gouttières depuis le sol. Sinon, une échelle stable, des gants et une petite pelle suffisent. Installez des crapaudines ou des grilles pare-feuilles en haut des descentes pour limiter les bouchons. Au sol, soulevez régulièrement les grilles de votre caniveau extérieur et retirez les feuilles accumulées dans le fond. Un regard bouché à l’automne, c’est la garantie d’une flaque à chaque grosse pluie de l’hiver.

Entretien et rangement du souffleur

Un souffleur demande peu d’entretien, mais quelques gestes prolongent sa durée de vie.

  • Après chaque usage : débranchez ou retirez la batterie, videz et secouez le sac, retirez les feuilles coincées dans le tube et autour de l’hélice.
  • Le sac : lavez-le de temps en temps à l’eau, laissez-le sécher complètement avant de le ranger, sinon il moisit. Un sac déchiré laisse s’échapper la poussière : il se remplace facilement.
  • Les grilles d’aération du moteur électrique doivent rester propres pour éviter la surchauffe.
  • Les batteries se stockent à l’abri du gel, dans un endroit sec, chargées à environ moitié pour un hivernage de plusieurs mois.
  • Le thermique : nettoyez le filtre à air, contrôlez la bougie chaque saison, et vidangez le carburant ou utilisez un carburant alkylate avant un long stockage, pour éviter l’encrassement du carburateur.

Rangez l’appareil au sec, à l’abri de l’humidité, idéalement suspendu pour gagner de la place dans l’abri de jardin ou le garage.

Budget : combien coûte un souffleur de feuilles

Type d’appareil Prix indicatif Pour quel jardin
Râteau à feuilles et pinces 10 à 40 € Petit jardin
Balai à gazon poussé 60 à 200 € Pelouse petite à moyenne
Aspirateur souffleur broyeur filaire 40 à 120 € Jusqu’à 500 m² environ
Souffleur sur batterie 80 à 300 €, plus batterie et chargeur si non fournis Jardin moyen, loin des prises
Souffleur thermique à main 120 à 300 € 1 000 à 2 000 m²
Souffleur thermique à dos 250 à 700 € et plus Grande propriété boisée

Pour un usage ponctuel, la location est aussi possible chez les loueurs de matériel, pour quelques dizaines d’euros la journée pour un modèle thermique. Pour la plupart des jardins de particuliers, un aspirateur souffleur broyeur électrique de milieu de gamme ou un souffleur à batterie partageant les batteries d’autres outils offre le meilleur rapport qualité prix.

Les erreurs à éviter

  • Souffler contre le vent : les feuilles reviennent aussitôt.
  • Aspirer des feuilles mouillées : le tube se bouche et la turbine se bourre.
  • Aspirer des cailloux, pommes de pin ou branches qui abîment l’hélice.
  • Utiliser la pleine puissance près des massifs paillés ou des graviers.
  • Repousser les feuilles chez le voisin ou sur la voie publique : c’est mal vu et parfois sanctionnable.
  • Travailler aux heures de repos sans tenir compte des arrêtés locaux.
  • Brûler les feuilles, interdit et polluant.
  • Tout ramasser jusqu’à la dernière feuille, au détriment de la petite faune et du sol.
  • Oublier les gouttières et les regards, causes de débordements tout l’hiver.

Foire aux questions

Quel souffleur de feuilles choisir pour un jardin de particulier ?

Pour un jardin jusqu’à environ 500 m² proche de la maison, un aspirateur souffleur broyeur électrique filaire suffit largement et coûte peu. Pour un jardin plus grand ou éloigné des prises, un souffleur sur batterie offre plus de liberté. Le thermique se justifie surtout pour les grandes propriétés boisées.

Un aspirateur broyeur de feuilles, est-ce vraiment efficace ?

Oui, sur feuilles sèches. Il réduit le volume des feuilles de 10 à 16 fois et produit un broyat idéal pour le paillage et le compost. Sur feuilles mouillées ou en présence de branches et de cailloux, il se bouche : soufflez d’abord en tas, puis aspirez les tas par temps sec.

Quelle autonomie pour un souffleur sur batterie ?

Comptez souvent 10 à 20 minutes à pleine puissance et 30 à 45 minutes en vitesse modérée, selon la tension et la capacité de la batterie. Pour un grand jardin, prévoyez une seconde batterie.

Peut-on utiliser un souffleur le dimanche ?

Les horaires des travaux de jardinage bruyants sont fixés par arrêté préfectoral ou municipal. Très souvent, le dimanche et les jours fériés, l’usage n’est toléré que de 10 h à 12 h. Vérifiez les règles de votre commune en mairie.

Peut-on brûler les feuilles mortes dans son jardin ?

Non, le brûlage à l’air libre des déchets verts, dont les feuilles mortes, est interdit pour les particuliers, sauf rares dérogations locales. Utilisez-les en paillage, au compost, en terreau de feuilles, ou apportez-les en déchèterie.

Faut-il ramasser les feuilles sur la pelouse ?

Oui, si elles forment une couche épaisse : elles privent le gazon de lumière et favorisent mousses et maladies. Quelques feuilles éparses peuvent être broyées sur place par une tondeuse en mulching. Au pied des haies et dans les massifs, laissez-les : elles protègent le sol.

Bien choisi, un souffleur transforme la corvée des feuilles en une tâche rapide. Électrique pour un petit jardin, à batterie pour plus de liberté, thermique pour les grands espaces : le choix dépend surtout de la surface, du nombre d’arbres et de la distance aux prises. Mais l’essentiel est ailleurs : travailler avec le vent, rassembler en tas, protéger ses yeux et ses oreilles, respecter le voisinage, et surtout valoriser les feuilles en paillis ou en compost plutôt que de s’en débarrasser. Ramassées au bon endroit et laissées au bon endroit, les feuilles mortes deviennent l’un des meilleurs engrais du jardin.

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